lundi 30 mars 2015

L'homme politique, bateleur de l'inutile.

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En 2012, Nicolas Sarkozy a perdu l’élection présidentielle plus que François Hollande ne l’a gagnée.
L’un et l’autre ont en commun, après avoir gagné l’élection suprême, d’avoir perdu toutes les autres.
On peut imaginer, en 2017, le même processus : un rejet de François Hollande et un gain, par défaut, de son adversaire.
Peut-être sera-ce Nicolas Sarkozy, dont les Français ne veulent pas, mais qui s’impose à eux pour être à la tête du principal parti d’opposition.

L’abstention, lors du dernier scrutin, a dépassé les 50 % auxquels il faut ajouter les 5,69 % de bulletins blancs, sans compter les bulletins nuls et les non-inscrits qui représenteraient 3 millions de personnes soit 7 % du corps électoral.
Parallèlement il semble s’être créé une profonde dichotomie entre la société civile et la société politique.
Dans la société civile, le monde a accéléré et les changements qu’il convient d’assimiler sont de plus en plus nombreux et de plus en plus difficile à gérer.

Anxiogènes.

Il faut d’ailleurs observer que les textes législatifs et réglementaires apparaissent plus comme des handicaps que comme des aides, par la lourdeur de leur mise en œuvre et la légèreté de leur conception.
 
Parallèlement, la classe politique ne paraît pas, elle, avoir changé qui est toujours dans un fonctionnement pyramidal et devenu, en fait, égotique au fur et à mesure que les convictions s’évaporaient.
C’était impressionnant de voir, hier,  ces rôles de composition de soirées électorales, d’un côté comme de l’autre, qui paraissent ne pas prendre en compte la réalité de la société et cette sorte de dédain que celle-ci finit par avoir pour une classe politique qui ne pense plus qu’à elle-même, ce qui devient de plus en plus visible, et explique le mépris du peuple.
Cela étant, s’agissant des Bouches-du-Rhône, merci quand même à Madame Vassal de nous avoir débarrassé de Monsieur Guérini dont il faut bien rappeler que jamais le parti socialiste n’est allé jusqu’à voter contre lui au Conseil général et que la déroute électorale a, ici, suivi une déroute morale.
Mais probablement, dans d’autres départements la phénoménologie a-t-elle pu être inverse.

La société change, et elle change, finalement malgré la classe politique qui finit par être plus sclérosante qu’autre chose.
L’homme politique, ce bateleur de l’inutile.

dimanche 29 mars 2015

Esprit parisien

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Esprit parisien ! démon du Bas-Empire !
Vieux sophiste épuisé qui bois, toutes les nuits,
Comme un vin dont l'ivresse engourdit tes ennuis,
Les gloires du matin, la meilleure et la pire;

Froid niveleur, moulant, aussitôt qu'il expire,
Le plâtre d'un grand homme ou bien d'un assassin,
Leur mesurant le crâne, et, dans leur vaste sein,
Poussant jusques au coeur ta lèvre de vampire ;

Tu ris ! - Ce mois joyeux t'a jeté trois par trois
Les fronts guillotinés sur la place publique.
- Ce soir, fais le chrétien, dis bien haut que tu crois.

A genoux ! roi du mal, comme les autres rois !
Pour que la Charité, de son doigt angélique,
Sur ton front de damné fasse un signe de croix.

samedi 28 mars 2015

Discours électoral ...mais de Victor Hugo!

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« Mes concitoyens,

Je réponds à l’appel des soixante mille électeurs qui m’ont spontanément honorés de leurs suffrages aux élections de la Seine. Je me présente à votre libre choix.

Dans la situation politique telle qu’elle est, on me demande toute ma pensée. La voici :

Deux républiques sont possibles.

L’une abattra le drapeau tricolore sous le drapeau rouge, fera des gros sous avec la colonne, jettera à bas la statue de Napoléon et dressera la statue de Marat, détruira l’Institut, l’école polytechnique et la légion d’honneur, ajoutera à l’auguste devise : Liberté, égalité, fraternité, l’option sinistre : ou la Mort ; fera banqueroute, ruinera les riches sans enrichir les pauvres, anéantira le crédit, qui est la fortune de tous, et le travail, qui est le pain de chacun, abolira la propriété et la famille, promènera des têtes sur des piques, remplira les prisons par le soupçon et les videra par le massacre, mettra l’Europe en feu et la civilisation en cendres, fera de la France la patrie des ténèbres, égorgera la liberté, étouffera les arts, décapitera la pensée, niera Dieu ; remettra en mouvement ces deux machines quine vont pas l’une sans l’autre, la planche aux assignats et la bascule de la guillotine ; en un mot, fera froidement ce que les hommes de 93 ont fait ardemment, et, après l’horrible dans le grand que nos pères ont vu, nous montrera le monstrueux dans le petit.

L’autre sera la sainte communion de tous les français dès à présent, et de tous les peuples un jour, dans le principe démocratique ; fondera une liberté sans usurpations et sans violences, une égalité qui admettra la croissance naturelle de chacun, une fraternité, non de moines dans un couvent, mais d’hommes libres ; donnera à tous l’enseignement comme le soleil donne la lumière, gratuitement ; introduira la clémence dans la loi pénale et la conciliation dans la loi civile ; multipliera les chemins de fer, reboisera une partie du territoire, en défrichera une autre, décuplera la valeur du sol ; partira de ce principe qui veut que tout homme commence par le travail et finisse par la propriété, assurera en conséquence la propriété comme la représentation du travail accompli, et le travail comme l’élément de la propriété future ; respectera l’héritage, qui n’est autre chose que la main du père tendue aux enfants à travers le mur du tombeau ; combinera pacifiquement, pour résoudre le glorieux problème du bien-être universel, les accroissements continus de l’industrie, de la science, de l’art et de la pensée ; poursuivra, sans quitter terre pourtant et sans sortir du possible et du vrai, la réalisation sereine de tous les grands rêves des sages ; bâtira le pouvoir sur la même base que la liberté, c’est-à-dire sur le droit ; subordonnera la force à l’intelligence ; dissoudra l’émeute et la guerre, ces deux formes de barbarie ; fera de l’ordre la loi des citoyens, et de la paix la loi des nations ; vivra et rayonnera ; grandira la France, conquerra le monde ; sera, en un mot, le majestueux embrassement du genre humain sous le regard de Dieu satisfait.

De ces deux républiques, celle-ci s’appelle la civilisation, celle-là s’appelle la terreur. Je suis prêt à dévouer ma vie pour établir l’une et empêcher l’autre."

Source et édition : Victor Hugo, Actes et Paroles, Avant l’exil (1841-1851), tome 1, éditions Nelson, Paris, Pages 164 et ss.

vendredi 27 mars 2015

Où le bailleur doit vérifier que le locataire est vivant avant de le congédier!

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Un bail commercial est consenti à deux époux en 1992
En 2008 le bailleur signifie à chacun des époux un congé avec refus de renouvellement sans paiement d’une indemnité d’éviction.
L’époux étant, en fait,  malencontreusement décédé en 2001, le bailleur assigne l’épouse et les héritiers en validation du congé.
La Cour de cassation, dans un arrêt du 14 janvier 2015 (13–22931) donne raison à la cour d’appel qui avait estimé que le congé délivré à l’époux après son décès n’était pas affecté d’une nullité de forme pour erreur, mais bien d’une nullité de fond.
La nullité de fond ne peut pas être écartée en raison du fait que le bailleur n’avait pas été informé du décès du locataire avant la délivrance du congé.
Dès lors, celui-ci, faute d’avoir était régulièrement signifiée à l’ensemble des propriétaires du fonds de commerce ne pouvait qu’être annulé.
Ce qui conduit à penser qu’il appartient au bailleur de vérifier que son locataire est toujours vivant avant de lui envoyer un congé.

Loi sur le renseignement, où sont les consciences de la gauche?

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Alors, voilà, le Premier ministre a peur pour la France, a peur du péril d’extrême droite et sillonne le pays pour défendre les libertés menacées avec une rhétorique toute sarkozienne dans la finesse et la mesure.
Pourquoi pas !
La France est le pays des droits de l’homme, conscience de l’humanité universelle, etc. etc.
Mais si l’on regarde derrière soi, les dictatures du XXe siècle, notamment, on constate qu’il y a eu les noires, et les rouges.
Et celui qui défend les libertés publiques et bien obligé alors de dire : citoyen garde toi à  gauche, garde toi à droite.
Or pendant qu’on pointe le doigt vers une menace, on en occulte une autre, tout aussi importante, quoique différente dans sa nature.
La loi sur le renseignement, en gestation,  prévoit en vertu de critères étendus et hélas  bien flous, le recours à des techniques très intrusives sans l’aval d’un juge !
Le président de l’actuelle Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, condamnée  à être remplacée par une nouvelle autorité administrative, a estimé dans Le Monde que «la nouvelle commission disposera de moins de pouvoirs qu’aujourd’hui».
Et, voyez-vous, la dictature de l’administration cela existe ; c’est un modèle un peu collectiviste mais qui n’est pas d’essence démocratique.
Le principe démocratique est de veiller à la protection de la liberté individuelle, de la vie privée en la mettant sous le contrôle du juge judiciaire dont c’est la raison d’être.
Ce juge est habitué à veiller à ce que les mesures portant atteinte aux libertés, quand c’est nécessaire, le soient en fonction de critères légaux stricts, définis, et sous son contrôle puisqu’il est indépendant.
À partir du moment où un pouvoir commence à envisager des mesures attentatoires à la vie privée selon des critères flous, sans contrôle du juge judiciaire, et avec un simple contrôle administratif ; que l’on le veuille ou non c’est une régression démocratique.
Et c’est un danger important, tout aussi important que ce qui fait glapir la bien-pensance.
Comment ne pas éprouver une grande colère quand on voit que les grandes consciences de la gauche se taisent, comme tétanisées ?
On peut vouloir combattre le terrorisme et cependant veiller au respect de la démocratie.
Allez, que la droite propose de telles mesures préférant axer la réflexion sur la sécurité plus que sur la liberté, pourquoi pas !
Mais c’est bien justement là que la gauche est importante pour participer au débat en rappelant toujours la défense des libertés publiques.
C’est grâce à cet équilibre que la démocratie respire
Aujourd’hui, quel silence affligeant !
Que l’on me pardonne comme une obsession, mais oui, Madame Taubira qui est toujours prompte à se mettre en avant et qui sur ce débat important a bien son mot à dire en tant que Garde des Sceaux, ministre de la justice se tait lourdement, comme tous les hiérarques satisfaits  de son ministère.
Faut-il croire alors  que les consciences de gauche estiment qu’il faut faire une confiance absolue à l’état ?
Que l’on pardonne au citoyen d’estimer que l’affaiblissement continu du juge judiciaire est corrélatif à celui de la démocratie et que, non, l’administration qui métastase notre pays n’est pas en elle-même une garantie des libertés ; elle est à l’inverse une menace.
Le garant des libertés individuelles, c’est le juge judiciaire et quand on veut l’écarter, c’est avec une volonté délibérée contraire à l’esprit démocratique.
Voilà c’est tout.

jeudi 26 mars 2015

Ose donc te construire ta propre opinion!

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« Chacun a pu remarquer, au sujet des opinions communes, que chacun les subit et que personne ne les forme. Un citoyen, même avisé et énergique quand il n'a à conduire que son propre destin, en vient naturellement et par une espèce de sagesse à rechercher quelle est l'opinion dominante au sujet des affaires publiques. "Car, se dit-il, comme je n'ai ni la prétention ni le pouvoir de gouverner à moi tout seul, il faut que je m'attende à être conduit; à faire ce qu'on fera, à penser ce qu'on pensera." Remarquez que tous raisonnent de même, et de bonne foi. Chacun a bien peut-être une opinion; mais c'est à peine s'il se la formule à lui-même ; il rougit à la seule pensée qu'il pourrait être seul de son avis.

Le voilà donc qui honnêtement écoute les orateurs, lit les journaux, enfin se met à la recherche de cet être fantastique que l'on appelle l'opinion publique. "La question n'est pas de savoir si je veux ou non faire la guerre." Il interroge donc le pays. Et tous les citoyens interrogent le pays, au lieu de s'interroger eux-mêmes.

Les gouvernants font de même, et tout aussi naïvement. Car, sentant qu'ils ne peuvent rien tout seuls, ils veulent savoir où ce grand corps va les mener. Et il est vrai que ce grand corps regarde à son tour vers le gouvernement, afin de savoir ce qu'il faut penser et vouloir. Par ce jeu, il n'est point de folle conception qui ne puisse quelque jour s'imposer à tous, sans que personne pourtant l'ait jamais formée de lui- même et par libre réflexion. Bref, les pensées mènent tout, et personne pense. D'où il résulte qu'un État formé d'hommes raisonnables peut penser et agir comme un fou. Et ce mal vient originairement de ce que personne n'ose former son opinion par lui-même ni la maintenir énergiquement, en lui d'abord. et devant les autres aussi. »

Alain

Ami, apprend à penser par toi même, te forger ton opinion, vraiment , par le travail de l'esprit, pas par la répétition des clichés et slogans;  et puis défends-là !

mercredi 25 mars 2015

Signature d'une rupture conventionnelle postérieure à un licenciement.

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Un employeur notifie un  licenciement à son salarié en le dispensant de l’exercice de son préavis.
Mais un mois après, l’employeur et le salarié ont signé une rupture conventionnelle homologuée par la DIRECCTE.
Mais le salarié a ensuite contesté cette rupture conventionnelle soutenant qu’elle ne pouvait intervenir après un licenciement.
La cour d’appel, pourtant, a pensé que oui
La Cour de Cassation approuve.
Pour la Haute Juridiction, « lorsque le contrat de travail a été rompu par l'exercice par l'une ou l'autre des parties de son droit de résiliation unilatérale, la signature postérieure d'une rupture conventionnelle vaut renonciation commune à la rupture précédemment intervenue".
Signer une rupture conventionnelle, c’est, d’un commun accord, valablement renoncer au licenciement précédemment notifié

Cass. Soc, 4 mars 2015 n°13-20549,