samedi 19 octobre 2019

Sur le triste retour du dogme religieux

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Je crois que c’est dans un bouquin de Tocqueville que se trouve cette image du peuple qui va voter, dans nos campagnes, sous la férule du hobereau et du curé.
Tocqueville qui, visionnaire, a décrit l’aspect triste de la démocratie individualiste dont le travers est la réduction de la pensée à ses intérêts individuels, sans ampleur, sans idéal autre que le selfie.
Mais enfin, la France s’est débarrassée du hobereau et du curé en ce que ceux-ci régentaient la vie du peuple jusque dans ses nuits.
Est advenu le citoyen, libre de ses idées, sans maître.
Est advenue la République laïque renvoyant le religieux à la sphère privée.
La laïcité à la française s’est faite contre l’Eglise, c’est une évidence.
Pas le christianisme dont elle est fille de pensée, mais l’Institution et ses dogmes liberticides.
Le fondement des religions est la Loi d’amour, cette empathie avec soi-même et les autres ; c’est beau, c’est grand, ça porte le nom d’Agapè
Mais il y a les tristes dogmes que l’on peut penser créés par l’homme pour son pouvoir propre et qui trahissent en fait l’héritage qu’ils prétendent protéger.
Il a fallu du temps à l’Institution catholique, au Vatican, pour accepter la république laïque.
Mais en France, le catholicisme est devenu une culture de fond et ses dogmes se sont dissous pour le plus grand nombre, et c’est tant mieux.
Le débat sur le préservatif des curés octogénaires n’intéresse plus personne.
L’homme et la femmes, égaux, sont libres de conduire leur vie tête nue, et de faire ce qu’ils veulent de leurs nuits.
Alors, le retour du religieux ?
S’il s’agit de la question d’une interrogation spirituelle dans une société onaniste, c’est salvateur pour la psyché.
Mais il faut craindre le raidissement, le retour du dogme, de la soumission aux clercs qui se cachent derrière le nom de Dieu.
Et c’est étonnant de voir que là où le carême et la tradition catholique sont qualifiées de désuets, et ils le sont dans leur aspect normatif, le ramadan et le voile sont regardés positivement alors qu’ils sont aussi, voire plus, désuets.
Leur développement est un échec de la philosophie des Lumières qui sous-tend l’idée laïque française du citoyen et de la citoyenne têtes nues, libérés des dogmes qui régissent leur vie selon un modèle archaïque fait pour le pouvoir des hommes et des clercs dans une ancienne société rurale.
Et c’est à cet égard triste de voir une jeunesse se voiler car cela révèle un mal être dans la communauté nationale, la seule qui vaille.
Et c’est une régression de la philosophie républicaine, un échec.
Cette régression est flattée, par lâcheté, par électoralisme, par peur.
Une jeune fille qui se voile, c’est une victoire du dogme religieux sur la philosophie libératrice issue des Lumières ! Le sort des femmes emprisonnées dans d’autres pays pour vouloir se dévoiler le dit assez.
Et le ministre français de l’éducation est dans son rôle quand il dit que le voile n’est pas souhaitable.
Je préfère les coiffures approximatives et multicolores de ma fille !