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dimanche 6 septembre 2020

Démasquons nous !

 Les masques d'Aragon - regards.fr


« Tout esprit profond a besoin d’un masque » selon Friedrich Nietzsche.

Il serait aujourd’hui heureux, puisque c’est une obligation de sortir masqué dans nos villes, même si c’est pour raison politique plus que sanitaire, probablement.

Le masque se concevant en milieu clos.

Mais, enfin, le masque nous est donné par la naissance, dès le berceau.

Pas celui voulu par le covid, évidemment !

Il est celui de notre famille, village, éducation et notre vie consiste à savoir s’en défaire pour être enfin ce que nous sommes.

Devenir ce que l’on est.

Nous devons nous démasquer !

Qu’en pense Monsieur Véran ?


vendredi 8 mai 2020

Ordonnances, de Charles X à Edouard Philippe ?

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Le roi Charles X a perdu le pouvoir pour avoir voulu prendre des ordonnances liberticides que le peuple n’a pas acceptées.
Et le trône est revenu à Louis-Philippe Ier, roi des Français.
Pendant le Grand Confinement, il y a eu comme cela une pluie d’ordonnances dépossédant le Parlement.
Et déjà, il se dit que se prépare une nouvelle tornade d’ordonnances, on donne le chiffre de 33.
Le bas peuple a le sentiment que le Parlement se laisse malmener.
La justice, quant à elle, est peu à peu hors d’état de nuire par la ridicule pauvreté qui lui est imposée.
La question se pose parfois de savoir si le monarque, dans son château, comme autrefois ne vit pas dans un autre monde.
Louis XVIII avait donné la Charte que son frère a voulu supprimer entraînant la fin de son règne.
Mais au fond, pour les petits personnages de ce XXIe siècle, la constitution gaulliste n’est-elle pas un habit trop grand ?
N’est-il pas temps d’une assemblée constituante ?

dimanche 12 janvier 2020

Sur le jet de robes d'avocats

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Je suis avocat depuis 1983.
Il n’y avait pas, en ce temps, Internet ; ni même d’ailleurs le fax vieillot.
Simplement le courrier postal, et le temps.
Avocat, c’est un métier mais aussi un sacerdoce laïque. Un dévouement à l’être que l’on assiste face au pouvoir quel qu’il soit, politique ou économique.
C’est cela que symbolise la robe depuis le XIVe siècle ; c’est peut-être pourquoi jamais je ne la roule sous le bras.
J’ai toujours pensé que cela avait été une erreur de fusionner l’ancienne profession d’avocat avec, en 1991, la profession de conseil juridique car les avocats stricto sensu avaient une mission qui ne relevait pas du droit des affaires.
Mais, c’est ainsi, et l’on entend régulièrement parler de la grande marche vers une profession unique du droit, un peu comme on parle de l’élargissement de l’Europe ; l’une comme l’autre ne pouvant se faire que sur des critères économiques au préjudice de l’identité de souche Ainsi, on entend parler de nouveaux marchés pour les avocats et ainsi, le nombre des avocats a augmenté de 40 % depuis 10 années, ce qui est une folie dans les bassins d’emploi affaiblis,
C’est une évidence, me direz-vous ; et pourtant, pendant longtemps, la gouvernance de la profession a estimé que le nombre d’avocats croissant générait une croissance du chiffre d’affaire global, et donc augmentait la puissance de la profession.

C’est peut-être pour cela, par cette erreur d’appréciation, qu’une grande partie de la profession, celle qui assure la traditionnelle fonction de lien social de proximité, d’humanité, d’intimité comme le prêtre et le médecin, souffre financièrement depuis quelques années.

30 à 40 % des cabinets d’avocats seraient au bord du redressement judiciaire.

La paupérisation de la profession d’avocat a des effets induits sur le manque de respect dont elle est victime de la part de magistrats souvent déshumanisés ; parce que la formation technocratique est hermétique à une forme de fantaisie de l’humanité.

Depuis des décennies s’accumulent les réformes venues des ministères de Bercy et de la justice.

Ces réformes ne sont pas vraiment conçues dans l’intérêt du justiciable mais visent à faire des économies et à alléger le travail du juge en enlevant aux tribunaux des secteurs complets d’activité confiés à l’administration ou à des organismes privés payants.

Ces réformes sont conçues avec brutalité, nées, peut-être, de l’ignorance de la pratique, en créant des pièges de procédure pour les avocats, de manière inutile et cruelle.

Ainsi, désormais, un litig inférieur à 5000 € doit faire l’objet d’une mesure de médiation obligatoire, payante, ou être confié à un conciliateur de justice, brave homme à la retraite dont la compétence juridique va laisser à désirer.

Il n’y a aucun progrès pour le justiciable, mais on a éloigné les gueux du juge.

Étant précisé que les décrets sont sortis au mois de décembre pour être applicables en janvier avec des modifications de compétences puisque les tribunaux ont fusionné.

La moindre des choses aurait été de donner un délai de six mois pour s’adapter, mais nous n’avons pas de ministre de la justice qui défende son institution.

Alors, il y a une colère des avocats.

Parce qu’ils voient bien qu’il n’y a pas de progrès pour les gens.

C’est une gestion obtuse qui est dénoncée depuis longtemps ; souvenons-nous de Madame Dati.

Mais dans le progrès de la bêtise administrative, rien ne change jamais.

Il appartient donc, aussi, à l’avocat, de se rappeler qu’il est un acteur économique inscrit dans le monde économique et que ce qu’il subit, d’autres professions le subissent aussi.

La rentabilité n’est pas un gros mot quand les vents sont mauvais il faut veiller à la pertinence des choix, gérer, anticiper ; bref faire son devoir d’entrepreneur en sachant que personne ne l’aidera.

Vient donc le débat sur les retraites

j’ai parfois le sentiment qu’il en est de ce pouvoir comme du pouvoir socialiste de 1981 ; on croit changer le monde, mais il ne change jamais ou plutôt, jamais comme on l’attend.

Le système par répartition relève de la pyramide de Ponzi et il me semble, pour ma part, qu’une réforme devrait impliquer de la diversité et l’introduction de la capitalisation.

Sur le système des avocats il faut observer qu’il est généreux, puisque la pension de base est dissociée des revenus de l’activité pour un taux de cotisation jusqu’ici assez faible, trop probablement, mais qui était déjà en voie d’augmentation.

Proposer de doubler le taux de cotisation de manière certaine en proposant des compensations que le législateur pourra supprimer à l’avenir n’offre pas de garanties suffisantes.

L’État, s’il n’est pas un monstre froid est par nature un menteur.

Ce qui est proposé va donc fragiliser encore plus les avocats qui le sont déjà, ceux qui assurent l’aide juridictionnelle, la défense pénale des pauvres.

C’est une réalité et les conséquences affecteront les plus fragiles des Français.

Et c’est vrai que beaucoup de cabinets d’avocats, déjà fragilisés, vont disparaître.

Ils ne seront pas les seuls ; comme les petites boutiques ferment le rideau, les petits libéraux sont en souffrance.

Cela ne date pas d’hier, il y a une forme de mouvement qui vise à supprimer le petit.

Qui est responsable de cela ?

Probablement tout un chacun depuis des décennies.

En revanche on observe que les pouvoirs précédents n’ont pas fait les réformes, dit-on, et que, dès lors, le pouvoir actuel les fait à marche forcée sans mesurer la colère qui monte.

Parce que les réformes, toujours conçues par des technocrates, ne sont pas bonnes quand elles ne s’appuient pas sur la réalité vécue des professionnels. De ce fait l’accélération, le passage en force, attisent la colère sans être aucunement un gage de succès.

On devine que l’idée est d’arriver aux futures élections avec un bilan économique satisfaisant ; mais si celui-ci, potentiellement réaliste, se fait en créant de la haine ; alors croire que l’épouvantail Marine Le Pen sera suffisant est probablement inexact.

J’avoue ici être grand utilisateur d’Amazon, parce que le service rendu est difficilement remplaçable quand on travaille beaucoup et j’avoue aussi télécharger mes livres sur un site parce que c’est pareil.

Ce qui veut dire que bien sûr le politique est méchant, mais que le consommateur et plus encore.

Il est juste de le dire.

Pour en revenir à la robe d’avocat, je ne ferai pas partie de ceux qui la jettent aux pieds de Madame BELLOUBET, cette inconsistante personne qui fleure l’hypocrisie, mais je ferai partie de ceux qui la déposent, avec le respect que la robe mérite, en un geste funèbre.

Pour le reste, j’exerce une profession et il m’appartient d’inscrire mon activité professionnelle dans l’actualité du monde économique, technique, et de ne pas me tromper sur les choix qu’il me faut discerner.

Comme tout un chacun.




jeudi 2 janvier 2020

2020, le premier réflexe de l'avocat vicieux .

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J’ai ouvert ce matin l’application e-barreau et j’ai pu constater que pour la Chancellerie les tribunaux de grande instance existaient toujours…
j’avais cru comprendre qu’ils étaient pourtant supprimés et qu’ils étaient devenus tribunaux judiciaires.
C’est un symbole simple de l’impréparation de cette nouvelle réforme qui nous tombe dessus sans avoir été réfléchie dans la durée et sans concertation aucune avec les acteurs professionnels.
Réforme née dans la tête de hauts magistrats qui n’ont plus tenu d’audience peut-être depuis des décennies.
L’un des buts de cette réforme est, une fois de plus, de limiter l’accès à la justice pour des raisons économiques et financières.
Il est inutile ici de rabâcher l’idée qu’en démocratie plus le champ d’action du juge est étendu, plus la place faite à l’avocat est grande, plus la notion de séparation des pouvoirs fondatrice de l’idée démocratique est respectée.
Probablement cette idée est-elle devenue désuète, ce qui annonce les démocratures à venir.
Quoi qu’il en soit, les décrets sont sortis fin décembre avec une application début janvier, ce qui est absurde.
Ainsi, à peine d'irrecevabilité que le juge peut prononcer d'office, la demande en justice doit être précédée, au choix des parties, d'une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d'une tentative de médiation ou d'une tentative de procédure participative, lorsqu'elle tend au paiement d'une somme n'excédant pas 5 000 euros ou lorsqu'elle est relative à l'une des actions mentionnées aux articles R. 211-3-4 et R. 211-3-8 du code de l'organisation judiciaire.
Donc, la demande en paiement de charges de copropriété, sauf erreur toujours possible en ce début embrumé d’année relèverait de cette disposition ?
Il faudrait donc engager une médiation (coûteuse) ou bien saisir un conciliateur de justice, brave homme retraité, mais nous parlons là d’un contentieux de masse.
Sagement, le texte prévoit que l'absence de recours à l'un des modes de résolution amiable est justifiée par un motif légitime, notamment l'indisponibilité de conciliateurs de justice dans un délai raisonnable.
La question de la compétence juridique, de la connaissance du droit, n’est donc pas un motif légitime…
Alors, voilà : le premier réflexe de l’avocat vicieux est de se demander comment échapper à cette nouvelle obligation dont les motivations ne paraissent pas être l’intérêt du justiciable dont il défend les intérêts
Il en sera donc des demandes comme des silhouettes post-réveillon : gonflées.
Supposons un principal demandé de 2000 €, il sera rajouté une demande de 3100 € de dommages et intérêts et le seuil de 5000 € sera donc atteint.
C’est stupide ?
Oui.
Mais la stupidité génère la stupidité.

samedi 19 octobre 2019

Sur le triste retour du dogme religieux

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Je crois que c’est dans un bouquin de Tocqueville que se trouve cette image du peuple qui va voter, dans nos campagnes, sous la férule du hobereau et du curé.
Tocqueville qui, visionnaire, a décrit l’aspect triste de la démocratie individualiste dont le travers est la réduction de la pensée à ses intérêts individuels, sans ampleur, sans idéal autre que le selfie.
Mais enfin, la France s’est débarrassée du hobereau et du curé en ce que ceux-ci régentaient la vie du peuple jusque dans ses nuits.
Est advenu le citoyen, libre de ses idées, sans maître.
Est advenue la République laïque renvoyant le religieux à la sphère privée.
La laïcité à la française s’est faite contre l’Eglise, c’est une évidence.
Pas le christianisme dont elle est fille de pensée, mais l’Institution et ses dogmes liberticides.
Le fondement des religions est la Loi d’amour, cette empathie avec soi-même et les autres ; c’est beau, c’est grand, ça porte le nom d’Agapè
Mais il y a les tristes dogmes que l’on peut penser créés par l’homme pour son pouvoir propre et qui trahissent en fait l’héritage qu’ils prétendent protéger.
Il a fallu du temps à l’Institution catholique, au Vatican, pour accepter la république laïque.
Mais en France, le catholicisme est devenu une culture de fond et ses dogmes se sont dissous pour le plus grand nombre, et c’est tant mieux.
Le débat sur le préservatif des curés octogénaires n’intéresse plus personne.
L’homme et la femmes, égaux, sont libres de conduire leur vie tête nue, et de faire ce qu’ils veulent de leurs nuits.
Alors, le retour du religieux ?
S’il s’agit de la question d’une interrogation spirituelle dans une société onaniste, c’est salvateur pour la psyché.
Mais il faut craindre le raidissement, le retour du dogme, de la soumission aux clercs qui se cachent derrière le nom de Dieu.
Et c’est étonnant de voir que là où le carême et la tradition catholique sont qualifiées de désuets, et ils le sont dans leur aspect normatif, le ramadan et le voile sont regardés positivement alors qu’ils sont aussi, voire plus, désuets.
Leur développement est un échec de la philosophie des Lumières qui sous-tend l’idée laïque française du citoyen et de la citoyenne têtes nues, libérés des dogmes qui régissent leur vie selon un modèle archaïque fait pour le pouvoir des hommes et des clercs dans une ancienne société rurale.
Et c’est à cet égard triste de voir une jeunesse se voiler car cela révèle un mal être dans la communauté nationale, la seule qui vaille.
Et c’est une régression de la philosophie républicaine, un échec.
Cette régression est flattée, par lâcheté, par électoralisme, par peur.
Une jeune fille qui se voile, c’est une victoire du dogme religieux sur la philosophie libératrice issue des Lumières ! Le sort des femmes emprisonnées dans d’autres pays pour vouloir se dévoiler le dit assez.
Et le ministre français de l’éducation est dans son rôle quand il dit que le voile n’est pas souhaitable.
Je préfère les coiffures approximatives et multicolores de ma fille !

samedi 20 juillet 2019

Moi, Avocat de province qui vais bientôt mourir!

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Mourir, bien sûr, mais pas tout de suite.
C’est juste une accroche.
Encore que l’autre jour un ami parisien (je ne fais pas de discrimination) m’a téléphoné pour me dire sa détresse qu’il ne pouvait partager qu’avec moi : il venait de prendre sa carte vermeil.
Je le peux aussi mais m’y refuse, je suis avocat, toujours jeune et beau et conquérant.
Quand j’ai commencé dans cette profession, la télécopie n’était pas arrivée.
Je me souviens à l’époque d’un confrère corse me demandant si j’avais un fax ; réponse négative avec je ne sais quel argumentaire pour ne pas avouer que je ne savais pas ce que c’était.
Je suis avocat quand même !
Quand j’ai commencé, il y avait 400 avocats à Marseille ; 2400 aujourd’hui et le cœur de mon métier est resté le même.
Bien sûr, l’avocat est un acteur économique, ce qui signifie qu’il doit bien s’adapter au monde qui va et aux techniques.
J’ai donc sur la tête un casque du plus bel effet permettant d’utiliser la dictée vocale pour sévir sur les réseaux sociaux ou autres outils numériques.
Parce que c’est comme ça, parce que sinon c’est se trouver inadapté au monde réel et donc mourir professionnellement.
Souvent j’ai entendu le raisonnement selon lequel le nombre croissant d’avocats renforçait la profession permettant une augmentation générale du chiffre d’affaires et donc sa puissance.
Avocat de province, j’ai toujours considéré qu’il y avait là une erreur d’analyse parce que selon les bassins d’emploi le nombre croissant d’avocats générait un affaiblissement des structures professionnelles, une fragilisation, une paupérisation.
Et s’il est bien de vouloir conquérir de nouveaux marchés, cela ne sera qu’à la marge au moins pour les décennies à venir.
Je crois avoir entendu dire que le banquier marseillais de la profession estimait que 40 % des cabinets étaient financièrement fragiles.
Et je sais des confrères en grande difficulté, certains à la cinquantaine, quand c’est bien tard pour faire autre chose.
La profession, celle qui exerce le cœur du métier, c’est-à-dire celui d’auxiliaire de justice, est confrontée, réforme après réforme, à une vision administrative des choses rendant tout plus complexe.
Mais il en est ainsi probablement partout ailleurs, c’est comme ça.
Cela oblige à une rigueur extrême dans la gestion professionnelle, dans la gestion financière, dans la conceptualisation de son activité.
C’est la règle partout, rien de rare.
Ainsi donc vient donc maintenant la réforme des retraites.
Le régime des avocats est excédentaire, avec plus de quatre actifs pour un actif.
On peut estimer que dans quelques décennies cela posera difficulté quand les actifs actuels approcheront de la retraite dans la mesure où il paraît difficile de multiplier par quatre le nombre d’avocats.
Mais la réforme projetée est brutale.
Le taux de cotisation double sur 15 ans en deçà de 40 000 € de revenus bruts, c’est-à-dire pour la grande majorité des avocats.
Et cela pour parvenir à une retraite de base diminuée de 30 % par rapport à la retraite de base actuellement distribuée.
Soyons clairs, peut-être une telle réforme est-elle inévitable; je veux dire ici la marche vers un système unique ; mais les modalités sont d’une cruauté sans nom car on sait bien que beaucoup ne survivront pas à cette augmentation de charges.
Peut-être est-ce souhaité pour que l’avenir radieux de la profession soit celui des grands cabinets, des firmes, et que disparaisse l’avocat individuel de quartier ?
Comme dans les centres villes disparaissent les petits commerces.
Peut-être est-ce une vision économique réfléchie ?
Macro-économique.
Je me souviens d’un élu de la profession me disant, à l’époque de la suppression du stage, que cela était souhaité par les grands cabinets parisiens…
Ne rêvons pas, il y aura toujours les gros qui veulent manger les petits, mêmes s’ils portent tous la même robe
Mais, à l’heure où chacun se remet à parler d’humanité, de proximité, quel contre-exemple que cette évolution.
Car l’avocat traditionnel, c’est celui qui n’a pas le regard accroché au camembert de son logiciel de gestion, c’est celui qui a en lui quelque part ce petit plus d’humanité que peuvent avoir les médecins, les artisans, les paysans, les humains.
Oserais-je dire un peu de fantaisie un peu de poésie?
Il s’agit là d’un rôle social, pacificateur.
Si le taux de charges des professionnels augmente trop, ce rôle ne pourra plus être assuré car la gestion prévaudra et c’est normal.
Autrement dit, le rapport Delevoye, dans ses pages 37 à 43, même avec de bons sentiments exprimés est très inquiétant.
Déjà, on devine que les réserves financières du régime des avocats seront accaparées par l’État qui en laissera une modeste partie pour accompagner la convergence.
Les élus de la profession, souvent critiqués, et c’est normal car les élus sont toujours critiqués, parfois à raison, parfois à tort, auront donc à se battre là-dessus probablement.
Ils auront l’appui de tous car ils sauront faire preuve de transparence et car ce combat-là sera d’abord celui de ceux qui dirigent, nos généraux à nous, pour préserver au mieux tous ces jeunes à qui on a promis d’être des aigles.
Je les vois, si fragiles, mais tenant parfois ce discours étrange consistant à dire : nous sommes des avocats !  Comme si cela signifiait quelque chose dans une société qui reconnaît la seule puissance laquelle est souvent  la puissance financière.
Que les généraux me pardonnent, mais parfois tous ces grands mots masquent la réalité, un peu comme autrefois les nobles désargentés se glorifiaient de leur seul nom.
Il nous faut donc aujourd’hui être modestes, pour la plupart équivalents des cadres dans les entreprises, pas forcément supérieurs.
La grande majorité des avocats travaille comme je travaille et ont du mal à se reconnaître dans les discours grandiloquents parfois tenus en oubliant peut-être la défense du cœur de la profession comme on construit un très bel immeuble en omettant que les fondations s’altèrent.
Et alors, tout s’écroule.
Après tout, puisque j’ai droit à la carte vermeil, je veux bien exprimer des propos de vieux grincheux.
Ce qui n’empêche qu’il va falloir se battre contre Bercy, notre ennemi de toujours.

dimanche 5 mai 2019

Le sacre de Reims, la fête de la fédération, le front populaire et Marc Bloch

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"Surtout, quelles qu’aient pu être les fautes des chefs, il y avait dans cet élan des masses vers l’espoir d’un monde plus juste, une honnêteté touchante, à laquelle on s’étonne qu’aucun cœur bien placé ait pu rester insensible. Mais combien de patrons, parmi ceux que j’ai rencontrés, ai-je trouvé capables, par exemple de saisir ce qu’une grève de solidarité, même peu raisonnable, a de noblesse : « passe encore, disent-ils, si les grévistes  défendaient leurs propres salaires ». Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l’orientation présente de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l’enthousiasme collectif suffit à les condamner. Dans le Front populaire, - le vrai, celui des foules non des politiciens - il revivait quelque chose de l’atmosphère du Champ de Mars au grand soleil du 14 juillet 1790.»

jeudi 25 avril 2019

Chercher à vendre à meilleur prix n'est pas une fraude pour le bailleur


Un bailleur veut vendre son appartement.
Il fait donc délivrer un congé pour vendre à son locataire à un certain prix.
Puis, il assigne en validité du congé puisque le locataire n’a pas entendu acquérir.
Il se trouve qu’après le congé il avait proposé le bien un prix plus avantageux au locataire qui cependant n’a pas accepté.
Pour autant le congé donné est validé car la Cour de cassation approuve la cour d’appel, dans un arrêt du 20 décembre 2018 qui avait estimé que les bailleurs avaient pu légitimement tenter de vendre leur bien à un bon prix et qu'ils avaient proposé par la suite le logement à un prix plus avantageux aux locataires qui n'avaient pas donné suite à cette nouvelle offre
Ainsi, la cour d'appel, qui ne s’était pas uniquement fondée sur le respect du droit de préemption subsidiaire et qui avait procédé à la recherche prétendument omise relativement à un prix initial excessif, en avait souverainement déduit qu'une fraude consistant dans la fixation de la valeur du logement à un prix excessif n'était pas démontrée et que le congé était valable.
En effet il est légitime de chercher à vendre son bien au meilleur prix, ce n’est pas en soi frauduleux.

mardi 23 avril 2019

Les poussières explosives de Notre-Dame de Paris



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Le plus souvent, les pires des catastrophes proviennent de la bêtise et de l’incurie humaine plutôt que de la volonté de nuire.

Ainsi pourrait-il en être de l’incendie de Notre-Dame de Paris puisqu’il est fait état d’un rapport commandé après les attentats de 2015 à ’universitaire , spécialiste des questions d’ingénierie mécanique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Il est écrit dans ce rapport : «la concentration de poussière, stratifiée au cours des siècles, peut avoir un effet explosif. Effet pouvant être activé par un court-circuit ou simplement par les fils électriques des systèmes d’alarme de l’échafaudage utilisé pour les travaux de rénovation»

Espérons que l’on saura le déterrer


jeudi 28 février 2019

La réparation doit être intégrale, pas symbolique !

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La musique n’adoucit pas obligatoirement les mœurs contrairement à la légende.
Il existait dans un village, ou une ville, une harmonie municipale organisée en association.
L’un de ses membres en avait été exclu et avait donc agir en justice afin d’obtenir des dommages et intérêts.
Une Cour d’appel avait retenu que le seul préjudice résultant de son exclusion, qui l’avait de façon irrégulière, pendant plusieurs mois, privé de toute participation aux diverses manifestations musicales et conviviales de l'association, devait être reconnu, mais que la réparation ne pouvait être que symbolique.
Il existe un principe qui est celui de la réparation intégrale du préjudice (que les barèmes Macron en droit social…, mais c’est une autre histoire).
Il avait donc été alloué une indemnisation symbolique d’un montant d’un euro.
Une réparation peut-elle être symbolique ?
Dans un arrêt du 21 novembre 2018 la Cour de cassation s’insurge et rappelle qu’un préjudice doit être réparé dans son intégralité et non pour le principe.
Un préjudice doit être reconnu et, alors, doit être réparé, le montant de cette indemnisation pouvant être important minime.
La réparation n’est pas symbolique et ne peut l’être.
Ni forfaitaire d’ailleurs