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mercredi 21 mars 2018

La déception BELLOUBET

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On ne veut pas se l’avouer, mais la Ve République est une république instable.
Certes pas au Parlement, mais au gouvernement et c’est pire.
La durée de vie des ministres est courte, très courte.
Cela signifie en pratique qu’ils n’ont pas réellement d’impact sur les politiques gouvernementales lesquelles finalement sont conçues par la haute administration, inamovible et intangible.
Aussi quand Madame BELLOUBET est arrivée, il y a eu comme un a priori favorable parce qu’elle était juriste, professeur de droit public, ancien Membre du Conseil constitutionnel.
C’est dire qu’elle a la connaissance du droit, de l’importance des équilibres dans une démocratie, de l’importance bien sûr du rôle de l’autorité judiciaire.
On voit bien, dans ce que l’on appelle aujourd’hui les démocratures, que les attaques contre les juges et les avocats sont symptomatiques d’un affaissement de la démocratie.
Depuis des décennies, il y a un mouvement dans la démocratie française qui vise à déjudiciariser, c’est-à-dire à réduire la sphère d’intervention du juge au profit de l’administration alors même que celle-ci a, en France, un rôle que l’on peut estimer excessif.
Madame BELLOUBET le sait dont la thèse de doctorat s’intitulait. : « Pouvoirs et relations hiérarchiques dans l'administration française »
Alors, oui, il y a une déception BELLOUBET.
Car le projet de réforme de la justice vise, au pénal, à restreindre le champ des libertés individuelles et c’est étonnant de sa part.
Pourquoi ne résiste-t-elle pas au ministère de l’intérieur ?
Car le projet de réforme de la justice vise, au civil, a encore plus déjudiciariser, à limiter le rôle des juges et des avocats et, dès lors à renforcer celui de l’administration, voire d’entreprises privées concernant des plates-formes numériques.
Si les avocats protestent c’est bien sûr pour défendre aussi comme on le dit leurs intérêts catégoriels, mais plus profondément parce que ce mouvement constant d’affaiblissement de la justice et du rôle du juge judiciaire à un moment même où le politique est en crise a comme un voisinage intellectuel avec ce mouvement vers la démocrature que l’on observe de par le monde.
Petit à petit, textes après textes, normes après normes, le régime politique évolue vers une société administrée et s’éloigne de ce jeu de contre-pouvoirs qui fait l’équilibre démocratique.
Chaque fois que l’on altère le rôle du juge et de l’avocat, on altère, qu’on le veuille ou non, le fonctionnement démocratique.
Ce mouvement fou de déjudiciarisation vise simplement à masquer la misère budgétaire et l’absence totale d’effort profond de la république pour avoir une justice qui fonctionne normalement.
On préfère plutôt l’amputer petit à petit.
Un doigt un orteil, un pied, une main et ainsi de suite.
Oui, il y a une déception BELLOUBET.


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