"Tel était le malheureux
enfant qui, le 25 décembre 1886, se rendit à Notre-Dame de Paris pour y suivre
les offices de Noël. Je commençais alors à écrire et il me semblait que dans
les cérémonies catholiques, considérées avec un dilettantisme supérieur, je
trouverai un excitant approprié et la matière de quelques exercices décadents.
C'est dans ces dispositions que, coudoyé et bousculé par la foule, j'assistai,
avec un plaisir médiocre, à la grand-messe. Puis, n'ayant rien de mieux à
faire, je revins aux vêpres. Les enfants de la maîtrise en robes blanches et
les élèves du petit séminaire de saint Nicolas du Chardonnet qui les
assistaient, étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être la
Magnificat. J'étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à
l'entrée du choeur à droite du côté de la sacristie. Et c'est alors que se
produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon coeur fut
touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion, d'un tel soulèvement
de tout mon être, d'une conviction si puissante, d'une telle certitude ne
laissant place à aucune espèce de doute, que, depuis, tous les livres, tous les
raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni,
à vrai dire, la toucher."
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