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lundi 27 octobre 2014

Avocat 3D ou Avocat robot?



 
Il paraît que nous sommes à l’aube du grand soir, d’une révolution technologique qui emportera sur son passage les cols blancs, mais peut-être bien aussi les robes noires.
On peut, avec les imprimantes 3 D fabriquer des pizzas ; cela risque de menacer les pizzerias, mais pas les avocats.
Même si l’on dit parfois qu’ils servent des salades.
Mais voilà que les robots vont arriver dont on dit qu’ils vont d’ici 2025 supprimer 3 millions d’emplois contre 500 000 créations.
C’est un chiffre, jeté comme ça,  dont l’avenir dira ce qu’il en est.
Mais, après la mort des cols bleus, ce sont les cols blancs qui sont menacés : ceux dont la tâche peut être remplacée par une intelligence artificielle naissante ; salariés des banques, journalistes et dans une certaine mesure juristes.
La liste n’est pas exhaustive.
Peut-être, demain n’utilisera-t-on plus le terme de maître pour désigner un avocat, mais envers quelque algorithme savant ?
Et qui ne voit que, déjà, le virtuel envahit notre travail.
Ce qui est un peu étonnant est que, d’un côté arrive une tempête et, de l’autre les futures victimes sont empêchées d’être mobiles, vives ; de pouvoir échapper, si possible à la mort.
Pendant en effet qu’il faudrait les aider au mouvement, continuent à pleuvoir les normes, règlements, lois, décrets, prélèvements, complexifications continuelles du travail.
Car aujourd’hui, le travail quotidien pour le salarié, le professionnel libéral devient compliqué non pas à cause du travail lui-même, mais des chaînes normatives et autres que les décideurs, dépassés, continuent de faire pleuvoir croyant qu’elles sont un impact sur la fertilité économique.
Je ne suis pas bien sûr, d’ailleurs,  que le débat soit vraiment celui du contrat unique du travail, mais bien plutôt de la fossilisation permanente du rapport de travail qui interdit, par détestation peut-être, l’innovation et la créativité.
Je me demande, y compris dans ma profession, si la mesure de l’ouragan est prise quand je vois, chez nous aussi les avocats, que pleuvent les nouvelles obligations, nouvelles normes, nouveaux prélèvements parfois aussi, alors même que l’on a besoin strictement de l’inverse.
Car c’est bien, en effet, le paradoxe qui inquiète  de voir une France qui se dessine, moins riche, et qui aura donc besoin de créativité, de mouvement et, parallèlement, des décideurs politiques ou professionnels qui restent dans un schéma vertical pontifiant, imaginant que l’on peut créer des normes des obligations et des taxes… puisque demain, forcément il y aura plus de richesse.
Sauf que rien n’est désormais moins sûr quand le monde bascule.
C’est pourquoi, après les cols bleus, c’est le tour des cols blancs ou robes noires de se penser pris pour des colverts.
Vous savez, les enfants du bon Dieu que l’on prenait pour des canards sauvages afin de pouvoir mieux les abattre.
Je ne sais pas si de cela il sera question à la Convention Nationale des Avocats…

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