samedi 21 mars 2015

Montesquieu, la réalité de la justice

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La justice est un rapport de convenance, qui se trouve réelle­ment entre deux choses ; ce rapport est tou­jours le même ; quelque être qui le considère, soit que ce soit Dieu, soit que ce soit un Ange, ou enfin que ce soit un homme.
Il est vrai que les hommes ne voient pas toujours ces rap­ports ; sou­vent même lorsqu’ils les voient, ils s’en éloignent, et leur intérêt est toujours ce qu’ils voient le mieux. La justice élève la voix ; mais elle a peine à se faire entendre dans le tumulte des passions. Les hommes peu­vent faire des injus­tices, parce qu’ils ont intérêt de les faire, et qu’ils préfèrent leur propre satis­faction à celle des autres. C’est tou­jours par un retour sur eux-mêmes qu’ils agissent : nul n’est mauvais gratuitement. Il faut qu’il y ait une raison qui dé­termine et cette raison est toujours une raison d’intérêt. Mais il n’est pas pos­sible que Dieu fasse rien d’injuste ; dès qu’on suppose qu’il voit la justice, il faut né­cessairement qu’il la suive : car comme il n’a besoin de rien et qu’il se suffit à lui-même, il serait le plus méchant de tous les êtres, puisqu’il serait sans intérêt. Ainsi, quand il n’y aurait pas de Dieu, nous de­vrions toujours aimer la justice ; c’est à dire faire nos efforts pour res­sembler à cet être dont nous avons une si belle idée, et qui, s’il existait, serait nécessairement juste.                                                                                                                                                                                                                                                                  Montesquieu


2 commentaires:

  1. "La vision de la justice est le plaisir de Dieu seul' Rimbaud " une saison en enfer"

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  2. "La vision de la justice est le plaisir de Dieu seul' Rimbaud " une saison en enfer"

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