jeudi 11 mai 2017

Mélenchon de Marseille

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Marseille est ville rebelle.
À l’entrée de son port, le Fort Saint-Jean et le Fort Saint-Nicolas témoignent du passé. Le Fort Saint-Jean fut commanderie de l’ordre des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
Les canons de ces ports furent tournés vers la ville à la demande de Louis XIV, après une rébellion.
La ville fut appelée quelque temps « ville sans nom », en punition, pendant la révolution.
C’est vieux, mais il en reste toujours quelque chose dans la psychologie locale...
Aujourd’hui, c’est une ville en souffrance subissant une pauvreté économique mais aussi, parfois, intellectuelle.
On peut regretter que les deux maires Gaston Defferre et Jean-Claude Gaudin par des règnes trop longs aient  tué les successeurs de valeur.
Aujourd’hui la classe politique locale, ce n’est pas l’injurier que de le dire, est d’un niveau relativement faible par rapport à d’autres villes et l’inquiétude peut exister quant à la succession de Monsieur Gaudin.
Parfois, on rêverait d’un maire parachuté comme Juppé en son temps à Bordeaux ou Raymond Barre à Lyon.
Mais Marseille est Marseille et les candidats ne se pressent pas.

Là-dessus, Monsieur Mélenchon déclare s’intéresser à Marseille; on se dit que c’est un beau défi que de vouloir prendre la mairie et rehausser  la ville.
Mais non, c’est pour se présenter aux législatives afin de combattre le Front National ce qui est son combat de toujours.
Pardon, c’est pour affronter Patrick Mennucci, socialiste, dans une circonscription dans laquelle ni la droite ni le Front National ne sont en mesure de l’emporter.
Tartarin de Marseille, ce Mélenchon.
En fait, Monsieur Mélenchon, encore dans les vapeurs de son succès électoral relatif se voit déjà premier ministre.
Bien sûr, on dit que le député est élu de la nation et qu’il n’a donc pas besoin d’implantation locale.
Le lecteur relèvera pourtant que selon les circonstances le discours des politiques à ce sujet change.
Mais voilà donc quelqu’un qui vient dans une ville rebelle, en souffrance, se faire élire pour se construire, à 66 ans, un destin national sans s’occuper plus avant de la circonscription qu’il convoite.
Élu de la nation, pas du peuple local.
Ce n’est pas que l’on ait pour Monsieur Mennucci une estime, une admiration, extraordinaire tant le personnage paraît caricaturale et ne pas forcément représenter la ville dans son intégralité.
Mais la ville, quels que soient  les quartiers, pourra probablement se demander ce que ce Mélenchon vient faire ici et on peut parier qu’il risque de se faire battre.
Surtout, voyez-vous, si les politiciens locaux estiment que c’est l’intérêt de la ville, ou plutôt l’espèce le leur.
Il y eut Tartarin de Tarascon, il y aura Mélenchon de Marseille.


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