mercredi 10 décembre 2014

La crèche et l'avocat, même combat!

Quoi de commun, allez-vous dire, entre la crèche et l’avocat ?
Laissons de côté les mots policés, ne cherchons pas même en eux la poésie qu’ils pourraient  contenir en l’espèce, mais donnons-leur le tranchant de la lassitude qu’inspire les hypocrites, les ignares, les pharisiens et les Parisiens, les paresseux, les convenus, les lâches ; tous ceux qui jour après jour nous pourrissent la vie.
Il manque pour le dire les mots de Céline.

La crèche, la belle affaire.
On me dirait un crucifix et tous les parangons de la laïcité auraient raison, manifestement. Mais la crèche est un symbole plus complexe, avec l’âne  et le bœuf participant en fait de traditions séculaires, et pas uniquement chrétiennes, mais païennes aussi, en une continuité ininterrompue des traditions occidentales.
Ce qui nous gonfle les roubignolles, dans ce débat, c’est que les maîtres à penser n’ont pas de maîtrise. Derrière la crèche sont inscrites des traditions de terre dont on ne voit pas très bien pourquoi il faudrait les supprimer ; bien au contraire, elles sont notre colonne vertébrale intellectuelle.
Sauf à dire qu’ont raison, ceux qui soutiennent que certains intellectuels, par sottise, par ignorance,  veulent créer un supermarché de la pensée où toute chose serait égale à l’autre ; ces imbéciles doctes  se faisant là complices du monde marchand anglo-saxon qui ne veut pas de citoyens, mais seulement des consommateurs.
Les sots !
Foutons donc un peu la paix à la crèche, et que Caroline Fourest s’occupe des femens,  ce néant dépoitraillé qui révulse la raison et qui parait donc moins nuisible que l’âne et le bœuf.

Et puisqu’on y est, foutons la paix aux avocats.
L’avocat, c’est comme la crèche ; il s’inscrit dans une tradition séculaire symbolisée par sa robe noire et je sais bien qu’elle n’est pas forcément glamour, appétissante, sexy, érotique. Et non, nous ne sommes pas nus dessous, sauf peut-être lors de quelques jeux  érotiques, mais ça ne vous regarde pas !
La robe témoigne aussi du lien de cette profession avec la terre et elle témoigne de ceux qui l’ont exercée avec talent et dont les noms viennent à l’esprit, qui évoquent les assises, pas les conseils d’administration !
Alors, là encore  le monde marchand anglo-saxon regarde d’un mauvais œil cette activité vieillotte, ces ringards  de province  qui puent  le camembert ; et on veut aujourd’hui créer un nouvel avocat salarié en entreprise : le nase.
Tout ça, voyez-vous, parce que les chefs du barreau de Paris ne veulent pas que les juristes  d’entreprises bénéficient d’un légal privilège, à l’instar des juristes anglo-saxons.
Moi, je ne crois pas forcément toujours à l’opposition entre Paris et la province, mais à l’opposition entre ceux qui pensent homme et ceux qui pensent argent.
Il n’y a pas là de  jugement porté,  mais un mode de raisonnement différent.
Ceux qui gouvernent la profession se sont, de toute façon, depuis des décennies trompés ; qu’on les pende par les couilles. C’est pas beau ? m’enfouti !
Ils ont cru qu’en augmentant le nombre des avocats, on augmenterait le chiffre d’affaire global, et donc particulier, des avocats et donc que la profession serait puissante (et donc eux aussi), ce qui s’avère faux et  ce que n’importe quel avocat  de quartier aurait pu leur expliquer.
Alors, le nombre d’avocats a augmenté de 40 % en dix ans, pas seulement me semble-t-il parce qu’elle est ouverte à la concurrence, mais aussi par une erreur d’appréciation de ceux  qui la gouvernent qui n’ont pas mesuré à quel degré de paupérisation cela conduisait mathématiquement.
Ce sont les mêmes qui ont supprimé le stage obligatoire pour les jeunes avocats, et je me souviens ici, moi ringaravocat , avoir discuté avec un président national de l’UJA  il y a plus de 10 ans qui me disait que c’était les grands cabinets qui le voulaient ; ça sert la piétaille, ça s’exploite.
On y revient aujourd’hui.
Evidemment, quel massacre !
Alors on nous dit maintenant  qu’il faut avaler, anacondas du droit, la profession de juristes  d’entreprises  et en faire des avocats,  qui seraient donc …sur une liste spéciale.
C’est inepte : cela va déséquilibrer encore plus la profession, instaurer un apartheid entre avocats, ceux  qui sont en entreprise, les riches et les puissants, ceux  qui sont au tribunal.
S’il faut deux listes d’avocats, c’est tout simplement parce que ce sont deux professions différentes et l’erreur que commet à nouveau une partie de la profession d’avocats est de vouloir avaler une autre profession, sans se rendre compte que si cela intéresse le cercle Montesquieu, ou quelques puissants cabinet anglo-saxons, de fait, cela n’est pas le souhait des juristes d’entreprise, ni  des avocats dont il faut ici rappeler que, dans leur majorité ils exercent sous  la forme traditionnelle avec toujours un lien, majoritairement, avec le tribunal.
Et que c’est utile au pays !
Et qu’il y en a assez de voir ceux qui se sont toujours trompé vouloir  continuer impunément leur œuvre nuisible.
Si l’on fabrique par vanité une profession majoritairement sans lien avec le tribunal, ce ne sera pas la profession d’avocat, c’est bête comme chou !
Eh bien moi je pense qu’il vaut mieux que les juristes  d’entreprises soient une profession différente, même concurrente ; plutôt que jour après jour voir les avocats se faire hara-kiri avec de grands mots, de grands discours, de grands perspectives toujours réduites à néant.
L’avocat est comme la crèche, il ne demande qu’à vivre et que les nuisibles de tous poils lui foutent la paix.
C’est pour ça qu’il est dans la rue à Paris, pendant que le bâtonnier de Paris va rallumer la flamme du soldat inconnu ; mais il se prend d’ailleurs pour qui celui-là ?
Même au soldat inconnu, il casse les burnes…

3 commentaires:

  1. Faut arrêter la tisane du Far West mon vieux !
    Mathieu

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  2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. Voilà l'expression même de la justesse du propos. Passons l'anonymat, adapté à une pensée éponyme, passons l'absence de réponse, autre que péremptoire , pour observer que la référence est anglo-saxonne. Mon ami anonyme, il fallait oser la cervoise !

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