dimanche 11 janvier 2015

Je suis Charlie et par infâme horreur, alors, les frères Kouachi

Je suis Charlie dit la France, et moi avec.
Je suis l'esprit libertaire qui s'exprime par le stylo et le dessin, enfant de Voltaire qui défend des idées pour lesquelles eux sont mort, et pas moi.
Je suis Charlie, mais hélas, pas seulement.
Ce serait si facile.

Il y a cette image d'Ahmed le policier, couché sur le trottoir et abattu par les frères Kouachi, français abattu par un français, musulman abattu par un musulman.

Ils sont la France aussi ,et si je suis Charlie, si je m'assimile à la France, alors, je suis eux aussi. L'agneau et le loup.

Ahmed, l'innocent et eux, les loups, les hyènes qui ne sont pas nés du hasard, mais aussi du ventre de mon pays, la France.

Je suis la France, celle de toujours, qui n'a pas commencé en 1789, celle aussi des barbares croisades, celle de la colonisation, celle qui pensait apporter la civilisation aux races inférieures sur lesquelles, disait Jules Ferry, les races supérieures avaient un droit.

Je suis la France, celle des harkis, celle de la décolonisation, celles des barres d'immeubles où l'on a casés, comme on a pu, ceux qui venaient.

Ces immigrés que la France a appelés et dont les enfants connaissent cités, chômage, ignorance, drogue, violence et paraboles; terreau fertile à l'horrible germination qui en a suivi.

Je suis la France, celle du premier choc pétrolier et des autres, quand l'Arabie Saoudite est devenue puissante, ce désert où les femmes ne sont rien et dont la devise est « Il n'y a de dieu que Dieu et Mahomet est son prophète ».

Mais ce pays dont l'Islam est fondamentaliste, primaire, barbare et qu'il apporte avec lui dans ses bagages quand il investit dans notre pays et finance des mosquées avec l'aval glauque de nos gouvernements successifs.

Je suis la France qui parle des droits de l'homme, mais pense pétrole. En France, on n'a pas de pétrole, mais on vend nos idées à l'encan pour lui.

Et c'est pour cela que nous sommes les amis de l'Arabie saoudite ou du Qatar, entre salafisme et wahhabisme, Islam obscurantiste, fondamentalisme qui prêche le malheur et le sang et que l'on a privilégié sur notre terre de France, pays des droits de l'homme, ânonne-t-on, sottement.

C'est pour cela aussi, parfois , que nous faisons tomber des dictateurs, horribles mais laïcs, laissant venir, alors, l'islamisme pire.

Averroès est né à Cordou pas à Riyad, dont l'Islam est extrémiste, comme si, par taquine analogie, la république préférait discuter avec les gens de civitas plutôt qu'avec le pape François.

Je suis la France qui a, par vénalité, laissé cette horreur pénétrer sur ma terre et se voile la face.

Les frères Kaouchi sont nés à Paris, de cette histoire française, de cette jeunesse immigrée parquée dans ses cités, sans autre rêve, à part la drogue, que l'Islam; et l'Islam que la France leur donne, dans les mosquées reculées, est souvent celui le plus arriéré, le plus barbare nourrissant l'ignorance par l'ignorance pire, celle du sang.

Je suis la France et de cela je ne peux me laver les mains, sales de cette accumulation d'erreurs, de lâchetés, d'aveuglements, de compromissions.

Je suis la France, je suis Charlie,je suis Ahmed, mais alors, hélas, par horreur infâme, eux aussi, les bourreaux coupables de leurs choix, mais cependant produits infâmes d'une histoire française.

La France est le « pays des droits de l'homme »; « La France est un grand pays »

La France est le pays des frères Kouachi!

2 commentaires:

  1. Ce lien, histoire d'élever le débat me semble-t-il ! Qu'en pensez-vous ?
    La peur d’une communauté qui n’existe pas, par Olivier Roy :
    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/

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    1. Je ne sais pas s'il y a la peur d'une communauté; il y a la peur de l'islamisme radical qui existe connecté avec une jeunesse française perdue, ce qui est aussi le fait de la république et de ses politiques sociales, éducatives, économiques .

      Un extrait du texte que vous citez :

      "Les jeunes radicalisés, s’ils s’appuient bien sur un imaginaire politique musulman (la oummah des premiers temps), sont en rupture délibérée tant avec l’islam de leurs parents qu’avec les cultures des sociétés musulmanes. Ils inventent l’islam qu’ils opposent à l’Occident. Ils viennent de la périphérie du monde musulman (à savoir l’Occident : la Belgique fournit cent fois plus de djihadistes pour Daech que l’Egypte, proportionnellement à la population musulmane présente sur le territoire), ils se meuvent dans une culture occidentale de la communication, de la mise en scène et de la violence, ils incarnent une rupture générationnelle (les parents désormais appellent la police quand leurs enfants partent en Syrie), ils ne sont pas insérés dans les communautés religieuses locales (mosquées de quartier), ils pratiquent l’autoradicalisation sur Internet, recherchent un djihad global, et ne s’intéressent pas aux luttes concrètes du monde musulman (Palestine). Bref, ils n’œuvrent pas à l’islamisation des sociétés, mais à la réalisation de leur fantasme d’héroïsme malsain (« J’ai vengé le Prophète », clamait un des tueurs de Charlie Hebdo). La grande proportion de convertis parmi les radicaux (22 % de volontaires qui rejoignent Daech, selon la police française) montre bien que la radicalisation concerne une frange marginale de la jeunesse en général et non le cœur de la population musulmane."

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