mercredi 25 juin 2014

Vincent Lambert, entre prêtre et juge.



La question de la fin de vie est si délicate qu'il est tout à fait possible que la loi, par son caractère général et normatif, déshumanise encore plus des situations humaines et donc incertaines.

Ce qui est étonnant reste que l'on meure seul à l’hôpital et que rien n'est vraiment fait pour généraliser partout cette lettre par laquelle le futur cadavre fait part de ses instructions.

As-tu seulement, lecteur, désigné cette personne de confiance sur laquelle pèsera le poids de tes souhaits ?

Ce document devrait être trouvé dans tous les cabinets médicaux, dans toutes les pharmacies, partout et des conseils devraient être généralisés à son sujet.

Mais, non.

Une telle lettre aurait peut-être simplifié la situation de ce malheureux Vincent Lambert dont le destin paraît désormais confié au prêtre et au juge.

Au prêtre, car ses parents qui poursuivent tous les recours, sont profondément religieux, ce qui n'est pas une critique, mais fait intervenir leur foi à eux dans un processus médical concernant la vie d'un autre qui ne la partageait peut-être pas.

Au juge, car voilà maintenant que même la Cour européenne des droits de l'homme est saisie, qui ne s'oppose pas, contrairement à ce qu'on a dit, au Conseil d'état mais qui a simplement demandé que l'irrémédiable ne soit pas accompli avant qu'elle n'ait statué.

Il faut seulement souhaiter que ce ne soit pas dans trois ans.

Tout cela en fait est horrible et profondément inhumain.

Je précise donc, pour ma part, que ma lettre de désignation d'une personne de confiance a été rédigée, signée par ladite personne, et se trouve dans une chemise orange : « documents fiscaux et sociaux 2011 »

Oui, je sais, il va bien falloir que je la range ailleurs…

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