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vendredi 21 mars 2014

Les petits pois, le nain et la Stasi.



Je n'aime guère, l'avouerais-je, Nicolas Sarkozy.

Il existe, chez cet homme, une agressivité et une vulgarité de comportement qui font présager une vulgarité conceptuelle, ajoutée à un égotisme absolu.

Pourquoi faut-il que dans chaque discours qu'il prononce, il parle de lui et de ses états d’âme ?

Son retour ne serait pas une bonne chose, les défauts de son comportement sont les mêmes, voire ont été amplifiés par l'échec et la France, l'oublie-t-on, n’aime pas les restaurations.

Il avait été élu pour faire les grandes réformes dont notre pays enkysté  avait besoin, après les règnes endormis de François Mitterrand et de Jacques Chirac, et avant la venue de l’homme au scooter.

La réforme constitutionnelle de 2008 était une chance offerte pour rénover le pays ; j'ai le sentiment qu'il s’est agi  de permettre au président de parler devant le congrès comme chez les Américains…



Les mots, laids, que ce président avait prononcés pendant son mandat restent  en mémoire et notamment la culture des petits pois, nos amis les juges, ces Parfaits au sens Cathare du terme.



Parfois, le citoyen lassé se dit que le pays crève de ses conservatismes, de ses administrations, de ses corporatismes.


Et s'il est une profession  corporatiste, c’est bien celle de juge.

Il est fascinant de voir, dans les émissions de télévision, que vous n’entendrez jamais un magistrat venir dire que son corps a fauté et, collectivement, la magistrature paraît bien arrogante.

Il est fort possible en effet qu'il y ait une volonté de faire tomber Nicolas Sarkozy, avec les meilleurs sentiments du monde, mais teintés d'une forme de revanche à prendre.


Nicolas Sarkozy est un citoyen comme un autre, certes, mais c'est aussi un ancien président de la république et il faut avoir le sens de la mesure, de la proportion, de la culture républicaine issue de Montesquieu.

Nicolas Sarkozy, quand bien même ne l’aime-t-on pas, et quand bien même son comportement politique serait sanctionnable n'est pas Al Capone et le citoyen, malgré tout, ressent une forme de malaise devant ces procédures à répétition pour des faits qui ne paraissent pas, peut-être, mériter  un tel dévouement empressés  des magistrats, sauf à vouloir le faire tomber, politiquement.


La magistrature est ce qu'elle est, mais il paraît que les nominations intervenues dans les grands parquets ne sont pas innocentes, comme il paraît que la déflagration issue du mur des cons se fait maintenant sentir.

Faut-il ici rappeler que les magistrats ne se sont  aucunement excusés, n'ont pas vu de problème particulier à qualifier  de cons  des citoyens français qu'ils poursuivent ou  jugent et faut-il encore rappeler que la président du syndicat de la magistrature paraît offusquée  d'avoir été mis en examen ?

Que n’a-t-elle démissionné de sa présidence ?



Environ 600 000 demandes sont adressées, chaque année, aux opérateurs de téléphonies entre  fadettes, géolocalisations et écoutes téléphoniques.

Cette affaire est l'occasion de faire le point et de réformer ce qu'il y a à réformer dans le souci des libertés individuelles.

On peut l’espérer avant que de gémir…



Si je n'aime guère Nicolas Sarkozy, force est cependant de reconnaître son énergie et son talent politique que l'on aimerait voir mieux employé ensuite.


Parler de Stasi est  redoutablement efficace.

Que les députés de gauche ne s'en offusquent pas! Eux qui ont voté une loi de programmation militaire contenant des dispositions manifestement attentatoires aux libertés individuelles que les députés de droite, cependant, les enfants de Sarkozy aussi, n'ont pas jugé utile de déférer au Conseil constitutionnel.


Le citoyen a le sentiment que ce pays est devenu une immense administration, où l'on écoute, où l'on interdit a priori les spectacles, où l'on cherche à régir son  comportement, qu'il soit alimentaire, social, sexuel  ou autre.


C'est l'élite dominante qui va dire à la femme et à l’homme ce qu’ils doivent être et penser, sauf à être voués aux gémonies choisies par elle.


Les libertés individuelles sont effectivement en danger et faut-il rappeler que la France est l'un des pays les plus condamnés par la justice européenne pour atteinte à la liberté d'expression ?



Si je n'aime guère Nicolas Sarkozy, je lui tire mon chapeau, car cette expression de Stasi employée  à quelques jours d'élections municipales est remarquablement efficace et on voit bien qu'elle génère l'affolement de ses adversaires.


Le pire de tout est que, de toute façon, quand la justice fait condamner les hommes politiques qui ont fauté, vraiment et  gravement, ceux-ci vont alors se représenter aux élections, plus tard et seront élus…par le peuple souverain  et amnésique.


Parfois je me dis que ce pays est en voie de balkanysation.

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