vendredi 28 mars 2014

Le Chapeau de cardinal et ma douce !

Ma douce et aimée, sur ce blog marseillais qualifiée de Bazarette, a exprimé une étrange idée qui voudrait que mon processus de pensée fut complexe.
Je le conteste avec une grande vivacité et renvoie à pire, pour qu'elle puisse appréhender combien , au contraire l'homme de sa vie est d'une simplicité biblique, comme la connaissance du même nom , si agréable au demeurant.


Une lettre d'Ignace de Loyola
sur la manière de prendre une décision

Ignace de Loyola écrit cette lettre à François de Borgia, grand d'Espagne, duc de Gandie, qui vient d'entrer dans la Compagnie de Jésus. Ignace a appris que l'empereur Charles Quint désire que François de Borgia soit élevé à la dignité de cardinal. L'empereur en a déjà informé le Pape qui est prêt à accéder à ce désir. Or, tous ceux qui entrent dans la Compagnie renoncent à tout titre honorifique dans l'Église. Faut-il alors faire une exception pour le duc de Gandie ou bien s'opposer à la volonté de l'empereur et du Pape ?

Dans sa lettre à François de Borgia, Ignace, supérieur général de la Compagnie naissante, expose la manière dont il a prié et réfléchi pour prendre sa décision : l'alternance de ses sentiments, l'affrontement des "motions" (mouvements intérieurs) et des raisons jusqu'à la résolution du conflit. C'est un témoignage vivant de la façon d'exercer le discernement des esprits si cher à Ignace.

A noter, à la fin de la lettre, la liberté d'Ignace qui, sans renier quoi que ce soit, envisage l'éventualité d'une non-confirmation de la décision qu'il vient de prendre.

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IHS

Rome, 5 juin 1552

La souveraine grâce et l'amour éternel du Christ notre Seigneur soient toujours en notre faveur et aide continuelles.

Au sujet de chapeau de cardinal, il m'a paru bon de vous exposer, comme je le ferais pour moi-même, ce qui s'est passé en moi, pour la plus grande gloire de Dieu. Dès que j'ai été averti que certainement l'empereur vous avait proposé et que le Pape était content de vous faire cardinal, immédiatement j'éprouvai une inclination ou une motion pour y faire obstacle de tout mon pouvoir. Malgré tout, cependant, je n'étais pas certain de la volonté divine, par suite de nombreuses raisons pour et contre qui me venaient à l'esprit.

J'ordonnai aux prêtres de la maison de célébrer une messe et à tous les frères de prier pendant trois jours, afin d'être guidé en tout pour la plus grande gloire de Dieu. Pendant cette période de trois jours, à certains moments, réfléchissant et retournant l'affaire en mon esprit, je ressentais en moi certaines craintes; je manquais de liberté d'esprit pour prendre position et empêcher la chose. Je me disais : est-ce que je sais ce que Dieu notre Seigneur veut faire ? et je ne trouvais pas en moi une assurance entière pour m'opposer. A d'autres moments, quand je reprenais ma prière habituelle, je sentais ces craintes disparaître. Je continuai ma demande à diverses reprises, tantôt avec cette crainte, tantôt avec le contraire.

Enfin, le troisième jour, dans ma prière habituelle, et toujours depuis lors, je me sentis un jugement si décidé et une volonté si suave et si libre pour m'opposer autant que je pouvais devant le Pape et les cardinaux que, si je ne le faisais pas, j'étais et je suis encore certain que je n'aurais pu valablement me justifier devant Dieu notre Seigneur; au contraire, mes raisons auraient été entièrement mauvaises.

Cependant, j'ai pensé et je pense encore que ce fut la volonté de Dieu que j'adopte cette position, et d'autres une position contraire en vous conférant cette dignité, sans qu'il y ait la moindre contradiction. Le même esprit divin a pu me mouvoir à cela par certaines raisons, et mouvoir les autres au contraire par certaines autres pour qu'à la fin le dessein de l'empereur s'exécute.

Que Dieu notre Seigneur agisse en tout pour que toujours se réalisent sa plus grande louange et sa plus grande gloire. Il serait opportun, je pense, que sur cette question vous répondiez à la lettre que vous a écrite de ma part Maître Polanco. Vous y déclareriez l'intention et la volonté que Dieu notre Seigneur vous a données ou vous donnera. Nous laisserons tout à Dieu notre Seigneur, pour qu'en toutes nos affaires s'accomplisse se très sainte volonté...

Ignace

Vous voyez; c'est pour ça que le pastis a été inventé !

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