mercredi 9 avril 2014

L'avocat pervers

J'ai un ami qui siégeait au Conseil des prud'hommes.
Il m'en parle avec passion, parce qu'il aime ce qu'il y fasait, mais, aussi, parce qu'il déteste l'atmosphère qui y règne. Il paraît que, pendant les délibérés, les conseillers salariés n'ouvrent que le dossier de l'avocat du salarié et les conseillers employeurs que le dossier de l'avocat de l'employeur...
Charmant !
Bref, le droit cède devant les options syndicales.
Je n'aime guère cette juridiction.
Ma chance, c'est que mon adorable associée, aime la matière et, ma foi, y excelle.
Elle va donc, de droite et de gauche, gambader dans les divers conseils du département, fraîche et douce gazelle du droit social.
Une fois, elle est revenue en me disant avoir rencontré un « ami » confrère beaucoup plus vieux que moi.
Il y en a encore.
Comme je suis un homme, j'écoute à moitié, c'est normal.
J'entendais donc vaguement une adorable musique parlant d'employeurs, de salariés et de maître Untel.
La musique m'évoquait : gentil, sympathique. Mais à un moment il m'a semblé entendre sonner les trompettes d'Aïda : « les amis de Bernadette Soubirous ».
Cette espèce de créature du mal, avait fait croire à mon ange que j'avais, il y a quelques années, créé une association s'appelant : Les amis de Bernadette Soubirous.
L'enfoiré ! 
J'aime bien Bernadette Soubirous, même si l'on peut envisager que son cas relève aussi de la médecine, mais jamais, au grand jamais, l'idée ne m'est venue de créer une association en son honneur.
Et je soupçonne fort ce confrère odieux, oscillant entre incube et succube, d'avoir abusé de l'innocence de mon adorable associée dans un but que je n'ose envisager, au saint nom de la décence.
La prochaine fois, lui donnera-t-il des bonbons, ce germe de vieillard ?
Croyez-le, je saurai me venger !
Mais, c'est encore une raison supplémentaire pour laquelle on devrait envisager de supprimer les conseils des prud'hommes : c'est que l'on y rencontre des avocats pervers.

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