dimanche 27 avril 2014

La solitude habitée

Après avoir, des années durant, essayé de réfréner cette habitude, j'y ai renoncé: je parle seul, en colloque singulier, du matin au soir.
Sous le regard attendri de ma douce; enfin, je crois.
Sous le regard goguenard de  mon assistante; j'en suis certain.
N'en déplaise aux moqueurs, c'est pourtant une attitude philosophiquement valable.
Car, enfin, la solitude est habitée si elle implique d'être seul avec soi-même, deux en un, selon la pensée d'Hannah Arendt.
C'est bien ce colloque singulier avec soi qui est indispensable pour acquérir une pensée libre, comme la sérénité de l'esprit.
Pour vivre.
Ce qui est à craindre, c'est donc l'esseulement, cette absence de dichotomie intérieure  qui nous rend seul face à l'autre; ou l'isolement, seul en l'absence des autres.
Je ne suis donc jamais seul avec ma solitude...
D'ailleurs, j'observe que le rituel catholique évoque désormais Jésus qui te parle et à qui tu dois parler comme un ami, ce qui conduit également à n'être pas seul, mais à éviter de lui dire des cochoncetés.
Il ne faut jamais, voyez-vous, négliger l'intelligence humaine des religieux et leur expérience de l'homme.
C'est une funeste erreur, je crois.
Bien sûr, si je parle à moi-même, je n'ai pas encore dit que j'étais Jésus; pas encore!
Les femmes sont tellement exigeantes que la mienne me demanderait des miracles; alors je tais ma divinité.
Pour l'instant.



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